Visiter le musée Jacquemart-André à Paris : l’un des plus beaux hôtels particuliers du XIXe siècle

Vous cherchez un musée parisien à la fois exceptionnel et méconnu du grand public ? Le musée Jacquemart-André est l’une des adresses les plus précieuses de Paris pour les amateurs d’art et d’architecture. Installé dans un somptueux hôtel particulier du boulevard Haussmann, il réunit l’une des plus belles collections privées d’Europe dans des appartements reconstitués à l’identique, comme si les propriétaires venaient de les quitter.
Édouard André et Nélie Jacquemart, qui s’unirent tardivement et passèrent leur vie à voyager et à collectionner, ont laissé à Paris un écrin d’une rareté absolue : un musée qui ressemble à une maison, habité par des oeuvres qui ressemblent à des compagnons de vie. Botticelli, Rembrandt, Van Dyck, Fragonard, Boucher, Tiepolo : les noms qui ornent les cimaises feraient rougir bien des musées nationaux.
Dans ce guide, vous découvrirez :
- L’histoire d’Édouard André et de Nélie Jacquemart, couple de collectionneurs hors pair
- Les collections et les oeuvres incontournables
- L’hôtel particulier et son architecture
- Le célèbre café du musée
- Nos conseils pratiques pour une visite réussie
Prêt à découvrir ce joyau parisien ? C’est parti !
Édouard André et Nélie Jacquemart : une passion partagée pour l’art
Édouard André (1833-1894) est l’héritier d’une grande fortune bancaire protestante, passionné d’art depuis l’enfance. Il fait construire son hôtel particulier du boulevard Haussmann entre 1869 et 1875, confié à l’architecte Henri Parent, avec la ferme intention d’y abriter une collection qu’il constitue depuis ses voyages en Italie et dans toute l’Europe.
Nélie Jacquemart (1841-1912) est une portraitiste de talent, formée aux Beaux-Arts, qui réalise le portrait d’Édouard André en 1872. Les deux se marient en 1881, alors qu’il a 48 ans et elle 40 : une union tardive, sans enfant, entièrement vouée à la passion commune pour l’art et les voyages. Ils parcourent ensemble l’Italie, l’Égypte, la Perse et ramènent de chaque expédition des oeuvres qui enrichissent la collection.
À la mort d’Édouard en 1894, Nélie continue seule pendant 18 ans, voyageant, acquérant, perfectionnant la collection. Elle lègue l’ensemble à l’Institut de France en 1912, avec la condition expresse que l’hôtel particulier soit transformé en musée et que rien ne soit modifié dans la disposition des appartements. Le musée Jacquemart-André ouvre en 1913. Depuis, il est resté intact, comme une maison habitée par les oeuvres et les souvenirs de ses propriétaires.
L’hôtel particulier : un chef-d’oeuvre du Second Empire
L’hôtel particulier du 158 boulevard Haussmann est l’un des plus beaux exemples d’architecture privée du Second Empire à Paris. Sa façade en pierre de taille, ses ferronneries dorées et son escalier d’honneur révèlent un sens du faste mesuré, propre à la haute bourgeoisie protestante du XIXe siècle : riche mais sans ostentation inutile.
L’intérieur est organisé en deux grandes parties : les appartements de réception, destinés aux soirées mondaines et à l’exposition de la collection, et les appartements privés, plus intimes, où le couple vivait au quotidien. La salle de bal, avec son escalier monumental et ses fresques de Tiepolo au plafond, est le coeur spectaculaire du bâtiment.
Un escalier à double révolution mène aux étages supérieurs où se trouvent le studio italien, véritable musée dans le musée consacré à la peinture et à la sculpture de la Renaissance italienne, et les galeries de peinture flamande et hollandaise. La disposition des oeuvres n’a pas changé depuis l’époque de Nélie Jacquemart.
Les collections : un voyage de la Renaissance italienne au XVIIIe siècle français
La peinture italienne de la Renaissance
Le studio italien au deuxième étage abrite le coeur de la collection : des oeuvres acquises lors des nombreux voyages du couple en Italie, d’une qualité muséale exceptionnelle.
- Botticelli : une Vierge à l’Enfant d’une grâce linéaire caractéristique du maître florentin, parmi les oeuvres les plus précieuses du studio.
- Mantegna : une Ecce Homo d’une intensité dramatique rare, témoignage du réalisme minutieux de la peinture padouane du Quattrocento.
- Ucello : une scène de bataille caractéristique de ses recherches sur la perspective, l’une des grandes obsessions de la Renaissance italienne naissante.
- Des sculptures en terre cuite de Donatello et de son entourage.
Ces oeuvres, réunies dans un espace intime aux murs tendus de velours rouge, créent une atmosphère de cabinet de curiosités raffiné qui n’existe nulle part ailleurs à Paris.
La peinture flamande et hollandaise
Les salles du premier étage abritent une sélection remarquable de peinture des écoles du Nord : Rembrandt, Van Dyck, Frans Hals. Le portrait de Rembrandt dit Le Disciple d’Emmaüs est l’une des oeuvres les plus émouvantes du musée : un vieillard dans une lumière latérale d’une intensité et d’une tendresse qui résument à elles seules la maîtrise du peintre d’Amsterdam.
La peinture française du XVIIIe siècle
Les appartements de réception du rez-de-chaussée sont décorés d’oeuvres françaises du XVIIIe siècle, parfaitement intégrées dans les boiseries et les dorures des salons : Fragonard, Boucher, Chardin, Nattier. Des oeuvres choisies non pas pour leur valeur marchande mais pour leur harmonie avec le décor et l’atmosphère des pièces : c’est ce qui rend la collection du Jacquemart-André si différente des musées classiques.
Les fresques de Tiepolo
Le clou architectural du musée est le plafond peint par Giambattista Tiepolo dans la salle de bal : une fresque monumentale représentant Henri III accueilli par les Contarini, commandée à l’origine pour la villa Contarini près de Venise, acquise par Édouard André et intégrée dans l’escalier d’honneur. C’est l’une des seules fresques de Tiepolo conservées en France, et son effet dans cet espace architectural est saisissant.
Le café du musée Jacquemart-André : un des plus beaux de Paris
Le café du musée Jacquemart-André est installé dans l’ancienne salle à manger de l’hôtel particulier, une pièce d’apparat ornée de fresques murales et de plafonds peints, avec des tables dressées sous les portraits de famille et les boiseries du XIXe siècle. C’est l’un des cafés de musée les plus beaux et les plus prisés de Paris.
Les habitués du quartier viennent y prendre le thé et déjeuner même sans visiter l’exposition. La carte propose des formules déjeuner, des thés accompagnés de pâtisseries et des brunchs le week-end. L’affluence peut être importante aux heures de pointe : arrivez tôt ou réservez en ligne pour garantir votre place.
Bon à savoir
- Le café est accessible sans billet de musée. Ouvert aux mêmes horaires que le musée. Réservation conseillée le week-end.
Les expositions temporaires
Le musée Jacquemart-André organise chaque année deux à trois expositions temporaires de grande qualité, qui attirent un public fidèle et avisé. Ces expositions, consacrées à de grands maîtres ou à des périodes de l’histoire de l’art, bénéficient du cadre unique de l’hôtel particulier pour des scénographies souvent remarquables.
À ne pas manquer
- Le programme en cours sur le site officiel du musée (musee-jacquemart-andre.com), à consulter avant votre visite : les expositions passées ont mis à l’honneur Botticelli, Rembrandt, Watteau, les Nabis ou la peinture vénitienne, et les expositions temporaires sont souvent la meilleure raison de revenir.
Informations pratiques pour visiter le musée Jacquemart-André
Accès et horaires
- Adresse : 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris
- Métro : Miromesnil (lignes 9 et 13) ou Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9)
- Horaires : ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne le lundi jusqu’à 20h30 lors des expositions temporaires.
- Tarifs : payant. Tarif réduit pour les 7-17 ans. Gratuit pour les moins de 7 ans.
Combien de temps prévoir ?
Comptez 1h30 à 2h pour une visite complète des collections permanentes et du studio italien. Si une exposition temporaire est en cours, ajoutez 45 minutes à 1h. Le café mérite une pause d’au moins 30 minutes pour en profiter pleinement.
Nos conseils
- Commencez par le studio italien au 2e étage dès l’arrivée, avant que la salle ne se remplisse.
- Prenez le temps d’observer les fresques de Tiepolo dans l’escalier d’honneur : levez les yeux dès l’entrée.
- Le café est accessible sans billet mais demandé le week-end : réservez en ligne.
- Les expositions temporaires sont souvent plus connues que la collection permanente : vérifiez ce qui est à l’affiche.
- Combinez avec le parc Monceau voisin (10 minutes à pied) pour une promenade après la visite.
Combiner le musée Jacquemart-André avec d’autres visites
- Le parc Monceau (10 minutes à pied) : l’un des plus beaux parcs de Paris, avec ses magnolias au printemps et ses arbres centenaires. Consultez notre article jardins de Paris au printemps.
- L’Opéra Garnier (20 minutes à pied) : pour compléter une journée dans les beaux quartiers du 8e et 9e arrondissement.
Intégrer le musée Jacquemart-André dans votre séjour parisien
Le musée Jacquemart-André fait partie de nos recommandations privilégiées pour les voyageurs passionnés d’art et d’histoire de l’art. Notre séjour Paris pour la première fois peut intégrer une demi-journée au Jacquemart-André selon les centres d’intérêt des voyageurs.
Pour les amateurs qui souhaitent explorer l’ensemble de la scène artistique parisienne, notre art tour dans Saint-Germain-des-Prés complète idéalement une visite du Jacquemart-André avec une rencontre avec des artistes contemporains dans leurs ateliers.
Conclusion
Le musée Jacquemart-André est l’un de ces lieux qui donnent envie de croire que certaines collections naissent d’une passion tellement sincère qu’elles en deviennent irremplaçables. Édouard André et Nélie Jacquemart ont passé leur vie à rassembler le meilleur de ce que l’Europe avait à offrir en matière d’art, et ils ont eu la générosité de le léguer à Paris. Un musée à visiter sans attendre.
Notre conviction : Paris Toujours intègre le musée Jacquemart-André dans ses programmes sur-mesure pour les voyageurs passionnés d’art. Contactez notre équipe pour composer votre programme.

